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Scène galante dans un parc

JEAN-BAPTISTE PATER

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Description

vers 1725.

Huile sur panneau.

37 x 42 cm.

Certificat d’Eric Turquin Expertise.

Cette assemblée d’aristocrates qui devisent en plein air pourrait aussi bien être

dans un salon tant leurs poses délicates voire affectées semblent peu en prise avec la

nature environnante. Assis sur un mobilier de fortune, ils se livrent au plaisir de la

conversation et de la musique. L’homme de gauche, la main crânement posée sur sa

canne, semble donner le ton puisque toutes les dames se retournent dans sa direction.

Il tourne son buste vers sa voisine, qui lui répond dans une pose en miroir. Elle semble

refuser ses avances. Autour d’elle, on observe, on écoute, tout en jouant, qui de la flûte

qui de la vielle. Un enfant égaré dans ce monde d’adultes se tient au côté de la dame

convoitée. Cette femme est le point de mire de la scène. La lumière semble émaner de sa

somptueuse robe de soie blanche et rose aux reflets chatoyants. Autour d’elle, les couleurs

des autres vêtements sont plus atones, pour la mettre en valeur. A ses pieds, sa compagne

lui fait écho dans une robe bigarrée. Nous sommes à l’orée d’un bois. A gauche, une

percée permet à l’oeil de découvrir un paysage champêtre. Sous les frondaisons à droite,

un groupe sculpté met en scène des putti langoureux offrant la réplique aux couples

en contrebas et suggérant les ébats à venir. Cette scène nous transporte dans la société

aristocratique et libertine de la Régence où les décors bucoliques servent d’écrin à des

conversations galantes. La palette de couleurs suaves aux nuances subtiles joue avec les

reflets lumineux. Le peintre excelle ici à rendre le miroitement des étoffes.

Jean-Baptiste Pater (1695-1736) est un peintre rococo français. Formé auprès

d’Antoine Watteau, il restera toute sa carrière sous son influence, tant pour le style que

pour le choix de ses sujets. En 1725, il est en effet reçu à l’Académie comme peintre

de fêtes galantes, genre spécialement conçu pour son maitre, après la mort duquel il

terminera d’ailleurs certaines commandes. C’est de cette même année que date Scène

galante dans un parc et Le Colin-Maillard. Si l’influence de Watteau est manifeste pour

le premier, notamment dans le rendu irisé de la lumière, Pater semble s’en affranchir

dans le second. Sa palette de couleurs est en effet plus soutenue, avec des teintes presque

acidulées. La composition plus éclatée empreinte d’une théâtralité étrangère à Watteau

fait clairement référence au théâtre italien alors très en vogue chez les peintres. Le grand

siècle et sa peinture sérieuse a fait place à des thèmes plus galants avec la Régence. La

société, libérée du carcan de la cour, s’adonne à des jeux dont les peintres nous font

l’écho au point de créer ce nouveau genre des « fêtes galantes », adaptant la scène de genre

aux moeurs aristocratiques. Cet art de galanterie qui se répand dans l’Europe du Siècle

des Lumières, trouve en Pater un brillant émissaire dont l’un des principaux clients est

l’empereur Frédéric II de Prusse.

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